ANH DUONG

Née de parents franco-vietnamiens, vivant à New York depuis de nombreuses années, Anh Duong fait partie de la génération des jeunes peintres américains qui nourrissent leurs œuvres d’une vie sociale très cosmopolite, tout en y conservant une place à part grâce à une expression artistique sans concession.

Qu’il s’agisse de peinture ou de sculpture, Anh Duong travaille essentiellement le portrait, oubliant le sujet pour s´intéresser essentiellement à la technique elle-même. L’autoportrait reste son terrain d’expérimentation favori, celui où elle peut donner libre cours à son style si spécifique, s’y exprimant comme s’il s’agissait de son journal intime.
Le parfum de la schizophrénie, Je déteste le peanut butter (ou Orgie de la vacuité), Toute ma vie j’ai rêvé… Les titres volontairement narratifs que l’artiste donne à ses portraits ajoute à leur mystère et nous emmènent dans une perception du monde basée sur les émotions.

Elle-même ancienne mannequin haute-couture, Anh Duong ne figure pas la beauté plastique de ses modèles, s’intéressant avant tout au reflet de leur personnalité, de leurs sentiments. La peinture est apposée par touches colorées très précises et contrastées, soulignant les traits marquants du visage ou les détails de la peau, ou est au contraire très diluée dans une gestuelle fluide et linéaire, laissant alors apparaître l’intimité du corps dans la transparence des vêtements ; les œuvres prennent ainsi un caractère à la fois réaliste et tranché, érotique et mystérieux.

Si cette approche de la peinture au travers de l’autoportrait, tel un jeu dialectique avec l’image du miroir, n’est pas sans rappeler la démarche de Frida Kahlo, le style expressionniste d’Anh Duong, comme la difficulté de certaines poses, nous remémore celui d’Egon Schiele, de ses (auto)portraits sans complaisance qui transcrivent les tourments de la vie, loin de toute idéalisation purement figurative.