FABRICE HYBER

L’ensemble de l’œuvre de Fabrice Hyber est conçu sous la forme d’un gigantesque rhizome qui se développe sur un principe d’échos. En procédant par accumulations, hybridations, mutations, l’artiste opère de constants glissements entre des domaines extrêmement divers. Chaque œuvre n’est qu’une étape intermédiaire et évolutive de ce « work in progress » qui se répand comme une prolifération de la pensée, établissant des liens et des échanges qui donnent ensuite lieu à d’autres articulations. Ce processus s’inspire de la manière dont se développent les systèmes cellulaires d’organismes vivants, entre flux immigrants et nourrissants, reflétant cette passion des sciences qui anime l’artiste, mathématicien de formation.

 

Le dessin, matérialisation primordiale de la pensée artistique de Fabrice Hyber, est à l’origine de toutes ses œuvres, allant même jusqu’à l’intégrer dans ses Peintures Homéopathiques, grands tableaux créés comme des story-boards rassemblant toutes les idées et créations de l’artiste sur un thème sur plusieurs années. De ces dessins émergent aussi des peintures, sculptures, installations et vidéos, mais également les POF (Prototypes d’Objets en Fonctionnement) créés depuis 1991, dont les formes engendrent des comportements inédits, comme ceux imaginés en 2005 pour le ballet Les quatre saisons d’Angelin Preljocaj.

 

Son art protéiforme prend également racine dans tous les champs d’expression de la vie et prolifère sous des formes multiples. Détenteur en 1991 du record de fabrication du plus gros savon du monde conçu comme un autoportrait, fondateur en 1994 d’une SARL destinée à favoriser les échanges entre artistes et entreprises, initiateur en 2001 du C’hyber rallye, il consacra aussi quatre ans à la création de l’Artère, parterre monumental en céramique installé en 2006 dans le Jardin de la Villette à Paris.

Son œuvre picturale s’est traduite ces dernières années par des toiles foisonnantes, souvent couvertes de résine Epoxy, aux compositions complexes et chargées en matière.

 

L’importante monographie Hyber éditée en 2009 par Flammarion dévoile toute la puissance de l’œuvre de cet artiste, le plus jeune à ce jour à avoir reçu le Lion d’or de la Biennale de Venise, en 1997.