BENJAMIN SABATIER

Né en 1977 au Mans. Vit et travaille à Paris.

Benjamin Sabatier est issu d’une famille de plasticiens. Anciens élèves de Claude Viallat aux Beaux-Arts, ses parents sont dans les années 80 des figures actives de l’art contemporain au Mans. Ils font travailler de nombreux artistes sur l’événement sportif phare que sont les 24 heures du Mans, dont les plus connus sont François Boisrond, Hervé Di Rosa, Fred Forest, Keith Haring, Marie-Jo Lafontaine.
Très jeune, Benjamin Sabatier participe ainsi à la réalisation de quelques œuvres en collaboration avec l’artiste américain Keith Haring. Collégien, son premier professeur d’art est Gina Pane, la prêtresse du Body art français. En 1991, il reçoit un Alph’Art au Festival International de Bande Dessinée de la ville d’Angoulême.

De 1995 à 2001, Benjamin Sabatier suit une formation artistique à l´Université de Rennes 2, où il obtient un DEA et l´Agrégation.

Sa première exposition personnelle a lieu en 2001 à l’Abbaye Saint-Vincent au Mans et en 2002, il fait sa première apparition dans une institution publique, au Palais de Tokyo à Paris, avec une performance-installation intitulée 35 heures de travail, où il taille des crayons sept heures par jour pendant cinq jours.

En 2003, Peinture en Kit est sa première exposition en galerie, au Noirmont Prospect et illustre son choix de placer son oeuvre sous l´impératif "Do it yourself", meilleur moyen selon lui de "rematérialiser" le réel.

Artiste de l´action, Sabatier insiste dans son approche sociale de l´art sur l´importance de la "matière" et de l´implication du récepteur de l’oeuvre. Performance, peinture, sculpture, installation, vidéo, peu importe le médium, il utilise toujours celui qui lui paraît le plus pertinent pour créer du sens. L’influence théorique paradoxale de Haring et du groupe Support/Surface sur son travail forme un cocktail singulier et détonnant.

En 2005, S.A.V., sa nouvelle exposition à la Galerie Jérôme de Noirmont lui permet de poursuivre ses réflexions sur les notions contemporaines de travail, de production et de consommation appliquées à l’art. En 2007, pour sa troisième exposition personnelle à la galerie, 2 Pack Age, il revisite les notions de « packaging » avec un regard critique poussé jusque dans le choix des matériaux utilisés.

En 2008, il devient professeur d’arts plastiques à l´Université de Paris I Panthéon-Sorbonne. Son exposition Fragile au Centre Culturel d’Issoire invite à un nouveau regard sur l’objet banal devenu œuvre. La même année, le MAK de Vienne lui donne carte blanche et l’artiste y réalise une performance-installation participative, SuperPartycles, constituée de 300 kg de papier.
Avec Chantier, en 2009, il nous projette cette fois dans l’univers du travail et dans la fabrique de l’œuvre elle –même, avec une image de l’atelier, entre projet et objet, entre intention et résultat.

Pour sa 5ème exposition personnelle à la galerie au printemps 2012, Hard Work, il met la matière brute au travail avec ses nouvelles séries Barrel, Cans, Etais.

L’artiste aime à dire que son travail « tourne autour du pot », ce qui signifie qu’il préfère rester à la périphérie pour mieux questionner le centre.