FUTURA 2000

Né en 1955 à New York. Vit et travaille à New York.

FUTURA 2000 (de son vrai nom Leonard Hilton McGurr) est l’un des artistes du graffiti US les plus reconnus au monde. Figure emblématique du mouvement, il est l’un des premiers à être passé des murs de la rue à ceux des galeries.

Elevé à New York par un père irlandais et une mère franco-américaine, il s’inscrit à la School for Visual Arts pour y apprendre les techniques de l’imprimerie. Son inspiration, dans un premier temps tournée vers le lettrage, il la trouve dans les tunnels du métro new-yorkais en s’essayant à plusieurs pseudonymes. Dès le début des années 70, il commence à peindre les wagons des lignes de Brooklyn au sein de différents groupes comme UGA (United Graffiti Artists), 3.Y.B, C.I.A., F.B.I, Interpol, K.G.B, et fréquente d’autres grands noms du graffiti : Ali, Dondi White, Lee, Seen…
En 1973, sa boulimie créative prend fin à la suite d’un accident dans le métro. FUTURA 2000 renonce au graffiti et s’engage dans la marine américaine. Dès son retour à New York en 1979 il reprend sa vie de « writer » et fonde avec Ali le collectif des Souls Artists of Zoo York. Son style évolue, il passe du travail des lettres à une abstraction lyrique où se mêlent symboles géométriques, éléments architecturaux et parfois figuratifs. Il se détache ainsi peu à peu de l’iconographie traditionnelle du graffiti.

De façon presque instinctive, il quitte les stations du métro pour installer ses œuvres désormais sur toile dans des espaces alternatifs comme Fashion Moda en 1980 puis dans des galeries établies comme celles de Tony Shafrazi (1983) et Sydney Janis (1984). En 1981 il suit The Clash pour leur tournée européenne, recouvrant en « live » le fond de scène du groupe de punk britannique de ses graffitis légers et intenses.

Sa première exposition de groupe a lieu en 1981 à la SA Alternative Space à New York et la même année il participe aux côtés de Basquiat, Haring, Warhol, Kenny Scharf mais aussi de Rammellzee, Crash et Dondi White, à la fameuse exposition du PS1 Contemporary Art Center, « New York/New Wave ».
En 1982 la Fun Gallery organise sa première exposition personnelle, à l’instar de Basquiat la même année et de Keith Haring l’année suivante. Dès lors, il expose dans le monde entier et participe aux premières exposition muséales majeures consacrées au graffiti : au Musée Boijmans van Beuningen à Rotterdam, Pays-Bas, à la Tate Gallery à Londres, ainsi qu’à Hanovre, Munich ou encore Hong-Kong et Tokyo.

Dans les années 1990, il participe à de nombreuses expositions en galerie ainsi qu’en institution : au Palais de Chaillot à Paris (1991), au Groningen Museum aux Pays-Bas (1992), au Musée des Beaux Arts de Tourcoing (1996), mais aussi à Paris à la Galerie du Jour Agnès b., à New York à la Michael Kohn Gallery et à la Philippe Briet Gallery.

Parallèlement, dès le milieu des années 90, il développe son concept visuel sur le Net alors émergent. Il créé son propre site web composé de centaines de pages. Plus récemment, il met en ligne au jour le jour sur son Flickr ses photographies, ce medium étant devenu primordial dans ses recherches plastiques. Autant d’images quotidiennes qui rendent compte de sa vision du monde, de ses expériences, de ses voyages, et qui ouvrent sur son monde parallèle et impertinent.

Imprégné de culture hip-hop, indissociable du graffiti, il investit une multitude d’autres champs et explore de nouveaux territoires de créativité : il met son inventivité au service de labels de musique indépendant, le plus connu étant Mo’Wax, label phare du trip-hop/ hip-hop à la fin des années 90 ; il crée plusieurs marques de street wear, Recon, Project Dragon et Futura Laboratories, collabore avec Nike, Bathing Ape, Zoo York, Maharashi…
Créateur visionnaire, il sera notamment à l’origine de l’engouement pour les « Art-toys », ces jouets de collection très prisés au Japon et maintenant dans le monde entier. Il détourne ainsi en figurines populaires les personnages emblématiques (Pointman, Nosferatus) qu’il a créé sur les murs de New York. Une démarche artistique qui ne quitte jamais la culture urbaine, par essence accessible à tous.

Ce touche à tout de génie ne délaisse pas pour autant la toile, c’est avec la même impertinence esthétique que ses nouvelles œuvres nous plongent dans un univers sensible toujours animé par ses jeux colorés, à l’image de ses récentes créations de villes futuristes en Lego…