SHIRIN NESHAT

Née en 1957, à Qazvin en Iran. Vit et travaille à New York.

Shirin Neshat part aux Etats-Unis en 1974, étudie au Dominican College de San Francisco, puis à l’Université de Berkeley où elle suit une formation artistique.

 

En 1979, avec la Révolution islamique menée par l’Ayatollah Khomeiny (1902-1989), la société iranienne tombe sous le joug d’islamistes fondamentalistes : les libertés sont restreintes, la rigueur morale est imposée et la condition de la femme se dégrade. Shirin Neshat retourne sur sa terre natale en 1990 et est alors particulièrement frappée par l’évolution dramatique de la situation de la femme.

 

En 1993, elle commence une série de photographies titrées Unveiling. Pour ces autoportraits, l’artiste porte le tchador et expose seulement les parties d’anatomie (yeux, mains, pieds) que les femmes sont autorisées à montrer au public selon la charia, la Loi islamique. Neshat écrit sur les photos, recouvrant de calligraphies farsi les parties exposées des corps des femmes. En 1994, elle se photographie armée et voilée dans la série Women of Allah.

 

En 1997, Shirin Neshat passe à la vidéo, tout en continuant conjointement ses créations photographiques. Turbulent, sa première installation vidéo majeure créée en 1998, met en scène deux projections face à face. L’une montre un homme entonnant une chanson d’amour mélodieuse devant un public masculin qui l’applaudit lorsque son chant prend fin. Au même moment, l’autre vidéo débute. Une femme voilée apparaît psalmodiant un chant étrange ponctué de gémissements, devant une salle vide.

 

Avec cette vidéo, Shirin Neshat remporte en 1999 le Lion d’Or de la 48ème Biennale de Venise. Elle reçoit également le Prix du meilleur projet lors de l’ARCO à Madrid. Elle réalise cette même année deux nouvelles œuvres : Soliloquy et Rapture. Cette dernière vidéo, produite par la Galerie Jérôme de Noirmont, se révèle être une réflexion poignante sur la psychologie perturbée et sans racines des exilés. Iranienne expatriée vivant aux Etats-Unis, Neshat conserve cette distance critique qui lui a permis de trouver le pouvoir et la dimension poétique du voile.

 

Shirin Neshat est récompensée au Festival International d’Edimbourg en Ecosse en 2000, ainsi qu’à la Biennale de Kwang-ju en Corée.

 

Avec Passage, film en couleurs de 2001, Neshat crée avec le compositeur Philipp Glass une pièce allégorique autour du passage entre la vie, la mort et la renaissance, entre l’ombre et la lumière, entre le monde masculin et féminin.

 

Elle est récompensée par le Centre International de Photographie de New York en 2002 et reçoit en 2003 le « First Annual Risk Takers in the Arts Celebration », remis par le Sundance Institute de New York.

 

En 2003/2004, Shirin Neshat s’intéresse au roman Women without men de l’auteur iranienne Shahrnush Parsipur; écrit dans un style de réalisme magique, ce roman se compose de cinq nouvelles, mettant en scène cinq personnages féminins différents. Mahdokht, créée en 2003/2004, est la première vidéo issue du roman et évoque l’histoire d’une femme prise dans les tourments du tabou de la sexualité. En 2005, Neshat crée Zarin, la seconde vidéo, puis en 2007 et 2008, Munis et Faezeh, deux nouvelles vidéos correspondant aux 3e et 4e volets de Women without men, tournées au Maroc et co-produites par les galeries Jérôme de Noirmont et Barbara Gladstone. De nouvelles séries de photographies sont créées parallèlement, avec les personnages des vidéos.


Outre les 5 vidéos et les photographies conçues pour la scène artistique, Shirin Neshat a souhaité tirer de ce même projet Women without men un film spécifiquement pour le cinéma. Ce 1er long-métrage est achevé en 2009 et est sélectionné au Festival du Film de Toronto et à la Mostra de Venise, où Neshat se voit notamment décerner le Lion d´Argent - Prix de la meilleure réalisation.

 

En 2009, Games of Desire est le premier projet de l´artiste sur un sujet ne touchant pas à l’Islam et à la culture Moyen-Orientale. Réalisée au Laos en 2008, dans le cadre du programme The Quiet in the Land, cette série, qui se compose d’une vidéo et d’un groupe de 14 photographies, présente des joutes poétiques chantées entre hommes et femmes du Laos traditionnel.