8 Avril - 11 Juillet 2010
BETTINA RHEIMS
Rose, c´est Paris
Bibliothèque Nationale de France site Richelieu, Paris (catalogue)

Bettina Rheims Paris diadème, 2009 105 x 81,5 cm avec cadre 113 x 89,5 cm

communique de presse

Une jeune femme, B. cherche Rose, sa soeur jumelle, qu’elle prétend
disparue. Tel est le point de départ d’une quête initiatique dans un
Paris intime, décrit dans l’objectif de Bettina Rheims au fil d’une fiction
conçue avec la complicité de Serge Bramly. Une centaine d’images et
un film retracent le parcours de l’héroïne au coeur de la ville, pour une
rêverie moderne inspirée du Paris de l’entre-deux-guerres.
« Avec Rose c’est Paris, la BnF rend hommage à une grande artiste, Bettina
Rheims, et à son complice, écrivain, Serge Bramly. C’est une chance que
d’exposer ce travail inédit, ce portrait de Paris, dans lequel la Bibliothèque
occupe une place symbolique » déclare Bruno Racine, président de la
BnF.
Reposant sur une forme de narration entre peinture et cinéma, la recherche
de Rose est prétexte à de multiples tableaux. B. prétend que sa soeur a
disparu. Pourquoi ? Comment ? Qu’est-elle devenue ? L’histoire se déroule
comme un catalogue d’hypothèses : elle a pu être enlevée, victime d’un
complot, d’un amour contrarié, avoir rejoint un gang clandestin...
Tel Fantômas, B. se métamorphose sans cesse, empruntant des visages
successifs. Afin de s’introduire dans les milieux que fréquentait Rose
et de percer ses secrets, elle se déguise en tricoteuse japonaise, en
accordéoniste aveugle, en meneuse de revue. Elle se fait parfois passer
pour sa jumelle, à laquelle elle se substitue sans scrupule dans ses amours
comme au travail. Autant d’épisodes photographiés et filmés, dont le
dernier verra B. faire le deuil de son double, devenant finalement Rose, si
elle ne l’a pas toujours été.
Muse plus que sujet de la narration, le Paris de Bettina Rheims et Serge
Bramly apparaît au gré de l’intrigue sous une forme quasi allégorique.
Le Paris en noir et blanc auquel se sont attachés les auteurs est celui des
origines du surréalisme. L’ombre insaisissable de Fantômas plane sur la
butte Montmartre où Souvestre et Allain conçurent leur héros, entité
nuisible et protéiforme, dont les crimes inspirèrent toute une génération
d’artistes et de poètes.
En contrepoint de cet univers nocturne et maléfique, Marcel Duchamp
fait souffler sur la ville l’air léger et exaltant du désir. C’est le côté Rose,
subtil, aérien. Le titre du projet s’inspire du pseudonyme que s’était choisi
l’artiste. Rrose Sélavy = Rose, c’est Paris = Rose séparée. Bettina Rheims
et Serge Bramly ont souhaité lui rendre hommage tout au long de leur
fiction à travers diverses scènes et citations.
Présenté comme un « grand sérial mystérieux », genre cher aux surréalistes,
Rose, c’est Paris se divise en treize épisodes où l’on découvre entre autres
décors un Paris insolite ou méconnu, volontairement atemporel : les
magasins de la Bibliothèque nationale de France, les sous-sols du Palais
de justice, le dôme de l’Observatoire, les canaux souterrains…
Près de cent modèles et comédiens débutants ou célèbres ont prêté leur
concours, entre autres Monica Bellucci, Valérie Lemercier, Anna Mouglalis,
Naomi Campbell, Charlotte Rampling et Jean-Pierre Kalfon...
« Louis Roederer est très heureux de s’être associé à la BnF pour la
réalisation de cette grande exposition qui constitue une plongée dans
l’imaginaire profond de Paris. Un Paris mythique, paré des charmes du
mystère, de l’art et de l’érotisme » se réjouit Michel Janneau, directeur
général adjoint de Champagne Louis Roederer.